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Quelques extraits de la série CASH

A few extracts from the CASH series

(Note : these extracts have been made via a scanning and OCR digitalization of Cash series pages)

 

 

 

Le volume n°1 « Ouragan sur la Maison-Blanche » nous apprend que James Cash a fait la guerre du Viêt-nam en qualité d’officier. Il a participé à une opération militaire - couverte par la CIA – qui a mal tourné. De retour à la vie civile, il retrouve l’un de ses camarades de combat, Yuan Chen, et se souvient :

 

Au début de la série, Cash subit un attentat à la bombe. Trois étages d’un immeuble sont entièrement soufflés par l’explosion :

 

 

            OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

Cash s’était vu contraint d’atterrir avec un Northrop en flammes pratiquement au milieu des troupes vietcong. Il en avait réchappé et avait pu s’intégrer à un commando de Marines dont faisait partie Yuan Chen.

Cela avait duré huit mois d’enfer dans les marécages truffés de pièges, remplis d’effluves pernicieux, à travers les roseaux et les palétuviers aux immences racines-échasses. Ils avaient enduré ensemble la souffrance physique et morale, ils avaient cotoyé la mort sournoise en permanence. James se souvint du jour où il était parti en reconnaissance aux abords de Quang Nam afin  de vérifier si le Vietcong occupait le village.

Par la suite, au cours de nombreuses nuits, il avait rêvé de la mangrove et de ses habitants. Une série de cauchemars qui s’étaient finalement estompés, mais les images étaient toujours vivaces dans son esprit.

 

  Ca fait six ans, non ? fit Yuan Chen.

  Six ans et demi, vieux.

  Tu travailles toujours pour l’Agence ?

  Non, je ne peux plus supporter l’odeur des égouts.

 

 

 

 

 

 

            OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

Bud Falks avait fait durer le temps, à mi-chemin entre la somnolence et l’état de veille. Il avait noté l’arrivée de Cash et son introduction dans le hall… Il eut un gloussement de satisfaction.

Le boîtier noir jouait entre ses doigts. Il plaça ses mains en conque autour, amena lentement son index contre la sécurité qu’il débloqua, et leva la tête en direction du building. Avec beaucoup de tendresse, le pouce de Bud Falks enfonça le bouton du détonateur dans la masse du boîtier.

Ce fut comme si le bâtiment, une cinquantaine de mètres plus haut, se boursouflait silencieusement avant qu’il perçoive l’onde de choc, le vacarme effroyable de la déflagration.

Il eut la vision précise et hallucinante des morceaux d’acier et de verre éjectés dans un souffle qui paraissait inextinguible.

                                         *

*     *

L’explosion ressembla à l’éclatement d’une bombe de plusieurs kilotonnes. La déflagration avait été si puissante que ses tympans n’enregistraient plus le moindre son… Une poussière dense et âcre s’installa dans ses poumons, l’asphyxia. Dans un tourbillon […]

 

 

 

 

Après l’attentat, Cash se réveille dans un hôpital où on lui fait des analyses et des radiographies. Dès sa reprise de conscience, des phénomènes sensoriels se déclenchent accidentellement en lui :

 

Tout d’abord, James Cash ne comprend pas ce qui lui arrive. Plus tard, un spécialiste lui explique ses anomalies sensorielles incompréhensibles pour les autres médecins :

 

 

            OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

  Ca fait près de neuf heures qu’il est dans le coma.

  Le cœur est absolument normal, j’ai fait brancher l’ECG en permanence. Ca ne peut être qu’un traumatisme bénin.

James Cash recevait le dialogue comme si les voix étaient dans sa tête. Il marchait dans un tunnel  à l’obscurité d’une densité gluante. En surimpression, il percevait des murmures plus lointains et des gémisse-ments.

Il y eut une suite de bruits métalliques. Les gémisse-ments se firent plus intenses. Brusquement, une déchirure se produisit et il ouvrit les yeux. La chambre lui sembla d’une clarté éblouissante. Un rayon de soleil tombait sur son lit. Un lit d’hôpital. On l’avait entièrement dévêtu, même sa montre lui avait été ôtée. Sur son torse, deux fils terminés par de petites plaquettes métalliques étaient maintenus à l’aide de sparadrap.

L’unique porte de la pièce tourna silencieusement, s’ouvrant sur un homme en blanc suivi d’un second en costume de ville.                                  

  Ca fait vraiment neuf heures que je suis dans le black-out ? demanda-t-il .

  A quelques minutes près et…

— Je vous ai entendu le dire pendant que je me réveillais.

— Quoi ! Nous étions à plus de quinze mètres d’ici dans le bureau du docteur Kalham, dont la porte était fermée.

— Alors, disons que j’ai une très bonne oreille… J’ai même entendu des gémissements. Je suppose que vous avez un grabataire dans la chambre voisine ?

  Dans la 78, répliqua Kalham avec incrédulité. A plus de trente mètres dans le couloir. Bon dieu, vous nous racontez des histoires! Vous vous êtes levé!…

 

 

 

                      HOLOCAUSTE A PARIS

 

A l’époque, il avait éprouvé une succession de malaises suivis de ce qu’il prenait pour des hallucinations. Puis il s’était aperçu qu’il avait acquis accidentellement  la faculté de voir à des distances cinq à six fois plus importantes que la normale, et d’entendre dans les mêmes proportions.

 

 

                         ASSAUT SUR NEW YORK

 

… des troubles cervicaux étaient apparus quelques jours plus tard lors de sa convalescence ; il percevait des bruits à des distances inconcevables pour un individu normal et il lui arrivait d’étranges visions incompréhensibles pour les médecins qui le soignaient.

Un spécialiste lui avait enfin expliqué ses « anomalies ». Une sorte « d’effet transistor », avait-il ajouté en riant.

 

             OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

— Le cas s’est déjà produit… Tu risques tout simplement de jouer les voyeurs à grande distance et de surprendre les conversations de tes voisins.

 

 

                  MASSACRE A MANHATTAN

 

Avec le temps, James avait réussi à contrôler plus ou moins cette faculté… Il tenta l’essai de la vision rapprochée, obtint au bout d’un moment l’image d’une fenêtre en bordure du quai, plongea dans la pièce pour en apercevoir les détails les plus infimes. Il insista jusqu’à ce qu’il ait pu lire la signature d’un tableau suspendu à un mur.

 

 

 

 

 

Quelque temps près l’attentat à la bombe, Cash apprend que le responsable est un tueur en série qui a été radié de la CIA pour déséquilibre mental :

 

Bud Falks, le tueur, fait une nouvelle tentative pour assassiner James Cash sur le parking d’un aéroport :

 

 

             OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

Une image mouvante en couleurs apparaissait sur l’écran vidéo.

— Le sénateur Harold Weiss, annonça Jeffie Arnolds. Assassiné voilà quatre jours dans sa villa en bordure du Potomac. Le meurtre a été commis à l’aide d’une carabine de gros calibre vraisemblablement équipée d’une lunette de visée.

Il y eut un blanc, puis ils virent un homme allongé dans un bac rectangulaire et recouvert d’un drap, à part la tête.

— Le cadavre que vous voyez à présent est celui du sénateur Woodstein…

Arnolds, enchaîna :

— Abattu également à l’aide d’un gros calibre, à grande distance.

Cash ne manifesta aucune surprise, observa le nou-veau visage qui s’inscrivait sur l’écran.

— Il s’agit maintenant du congressiste démocrate O’Hara. Assassiné  la semaine dernière dans sa voiture. Même type de balles, tir à longue portée depuis une fenêtre en surplomb..

  Comme pour Kennedy, lâcha négligeamment James.

Arnolds tourna la tête pour dissimuler une grimace d’agacement. Il enchaîna :

— Ces trois hommes faisaient partie d’une mission sénatoriale d’enquête annotée « priorité rouge ».

— Qu’attend-t-on de moi, Jeffie ? Que je retrouve le tireur et que je le liquide ?

L’image suivante lui coupa la parole. Cash détailla le visage épais aux sourcils touffus et noirs. Il s’agissait d’une prise de vue statique, style photo anthropomé-trique.

  Je suppose que vous le connaissez ?

— Bud Falks ! s’entendit prononcer Cash à voix basse. Agent de la Division Opérationnelle 3-C de Langley.

— Ex-agent. Il a été radié des cadres de la C.I.A. peu après votre départ de l’Agence, pour déséquilibre mental.

 

 

 

       OURAGAN SUR LA MAISON-BLANCHE

 

Bud Falks cracha son chewing-gum et prit position en  appui sur l’étroite fenêtre. Le groupe de six hommes était dans le cercle du télescope, à deux cents cinquante mètres. Il tourna de plusieurs crans la molette d’agrandissement jusqu’à obtenir un  gros plan de celui qui marchait au milieu, apparemment très décontracté : l’homme qu’il devait détruire. Son cœur battit très fort quand il reconnut le visage de Cash.

Il serra l’arme contre son épaule, affermit sa main droite sur la poignée de crosse devenue tiède et compta les secondes.

                                          *

*     *

Un flou passa rapidement dans la vision de James. Il ressentit comme une légère migraine, subitement. Le grondement d’un quadriréacteur sur une piste vrilla ses tympans, provoquant la crispation des muscles de son visage. Soudain, il aperçut le scintillement en haut d’une façade, l’espace d’une demi-seconde. Un éclat de soleil arraché à un morceau de verre. Cela venait d’une lucarne au quatrième étage. En vision rapprochée, il vit distinctement le cercle de l’optique surmontant l’embout noir d’un silencieux, discerna le haut d’un visage.

Ils passaient devant un petit bimoteur de l’aérodrome.

      Attention ! cria Cash.

Il se jeta sous les ailes du bimoteur, entendit en même temps le choc métallique d’un projectile perforant la tôle de la carlingue…

      Ca vient de la lucarne au quatrième, commenta-t-il d’une voix calme. En bout du bâtiment.

Kelly lui jeta un regard aigu, dit d’une voix sarcastique :

      Ou vous avez une vue d’épervier, ou bien vous vous foutez de nous. Il est impossible de…

Un nouveau choc désagréable retentit à quelques centimètres de sa tête dans le métal du bimoteur.

 

 

 

 

James Cash a des visions d’êtres mi-hommes, mi-animaux :

 

Dans la jungle du Viêt-nam, Il a acquis un instinct quasi-animal et se tient à l’écoute de son subconscient :

 

 

 

           MASSACRE A MAHNATTAN

 

Lors de nombreuses missions au Viêt-nam, en tant qu’officier de renseignements, il avait profité des leçons ainsi que de l’entraînement suivi… Mais un instinct venu du fond des âges avait resurgi en lui, s’y était installé comme une nécessité évidente.

 

                        L’ENFER CALIFORNIEN

 

Des ombres furtives glissaient silencieusement dans l’environnement de James Cash. Il les distinguait parfois en flou, parfois d’une manière furtive mais fugace, comme une sorte de flash coloré. Ces silhouettes affichaient une étrange anomalie : elles étaient toutes dotées de visages aux traits bestiaux, de mufles proéminents et agressifs. Ces êtres bizarres passaient leur chemin après une brève halte au cours de laquelle ils le fixaient, puis revenaient plus près de lui dans une ronde qui semblait n’avoir pas de fin.

Cash rêvait. Il en était conscient mais incapable d’évaluer depuis combien de temps cela durait. Par un curieux phénomène de semi-lucidité, il parvenait à contrôler le train de ses pensées. Mais il restait incapable d’agir sur l’action des entités qui peuplaient son cauchemar.  C’était comme s’il assistait à un film en trois dimensions. Et il reconnaissait instantanément chaque visage difforme à mesure que ceux-ci se présentaient sur la trame mouvante de son rêve.

 

 

 

 

 

          LA BATAILLE DE BUENOS AIRES

 

Pour Cash, la métamorphose d’humain en fauve constituait un état permanent.

 

 

 

 

                       TERREUR A HAÏTI

 

Depuis sa conversation avec Olivia Walsh, il avait eu le sentiment que les événements prenaient un virage aigu. Il avait éprouvé la sensation d’être observé et il accordait toujours une grande valeur aux messages lancés par son subconscient.

 

 

 

 

 

 

 

Les HYPERSENS de James :

ils s’accompagnent fréquemment de migraines et de malaises :

 

Son alarme sensorielle se déclenche douloureusement lorsqu’il se trouve à proximité d’un danger. Il utilise alors sa vision de nuit pour en préciser la nature :

 

 

                      ASSAUT SUR NEW YORK

 

Lors d’un séjour au temple Shaoling, à la frontière sino-coréenne, des prêtres lui avaient appris à domestiquer cette faculté accidentelle et à la faire intervenir à volonté. Ils l’avaient également mis en garde contre une utilisation abusive de ses hypersens.

 

 

                  DIVERS COURTS EXTRAITS :

 

« … il eut une vision d’abord floue de la façade de la demeure… Graduellement, l’image de la double fenêtre se précisa, se rapprocha au point que l’intérieur du bureau fut bientôt visible.

 

« …Sa vision se troubla d’abord pour devenir d’une netteté stupéfiante.

 « … et les détails insignifiants, à longue distance, lui apparaissaient avec une netteté stupéfiante.

 

« … L’oiseau s’envola d’un bond, s’éloigna à tire-d’ailes. James Cash passa une main moite sur son front. Il distingua le pivert qui s’enfuyait, suivit la trajectoire du volatile comme à travers un zoom. »

 

« James lui expliqua les migraines qu’il ressentait parfois ainsi que les curieux phénomènes qui démultipliaient ses perceptions visuelles et auditives. 

 

« … sa tête lui parut devoir éclater. Immédiatement tendu, il lutta contre le malaise… Peu à peu la douleur s’apaisa. Des mots résonnaient en lui, il perçut le juron d’un matelot à  environ cinq cents mètres comme s’il s’en était trouvé tout près.

 

 

 

                 EPOUVANTE A LOS ANGELES

 

James Cash ressentait physiquement les vibrations nocives de l’ambiances. C’était pourtant une de ces exceptionnelles nuits de la côte californienne, tiède et calme, apparemment à l’abri de la violence et du débordement des humains. Une nuit sensuelle avac laquelle on aurait aimé faire l’amour. Mais il s’en dégageait un indéfinissable parfum qui l’avait surpris dès son arrivée à la propriété, et dans l’esprit de Cash, le mot danger apparaissait par saccades, crépitait comme un témoin d’alerte.

 

Il avait trop souvent éprouvé cette sensation à la fois cérébrale et purement physique pour en négliger l’avertissement. C’était au-delà que se situait le danger. Tout son être se tendait, vibrait à une fréquence démente.

 

Il eut un éblouissement passager accompagné d’une légère douleur, et sans transition sa vision s’éclaircit. C’était comme si le patio, la piscine et le parc, au-delà, venaient d’être brusquement éclairés d’une lumière rougeâtre découpant avec netteté le relief du paysage.

 

Il ne savait pas encore quelle était la nature de cette chose, mais possédait la notion aiguë de son ampleur. Chaque fibre de son corps hurlait un avertissement, monopolisait l’essentiel de ses pensées jusqu’à lui en faire mal.

 

Pendant qu’il discutait, Cash observait les abords de l’hôtel. Ce qu’il voyait alentour ne pouvait qu’être rassurant, et pourtant il ressentait la proximité d’un danger avec autant d’intensité qu’une brûlure.

 

 

 

 

 

Cash travaille pour la section WH de la police fédérale. Mais il a des méthodes particulières et préfère parfois jouer en solo :

 

Cependant il travaille épisodiquement avec un jeune co-équipier de 27 ans, Billy Cobb, qui est censé n’être autorisé à le suivre qu’en tant qu’observateur :

 

 

                       ASSAUT SUR NEW YORK

 

— Il s’agit d’une personne que vous connaissez bien : James Cash… Sous le contrôle du colonel Kelly et en collaboration avec notre section du Bureau fédéral…

 

 

 

                        L’ENFER CALIFORNIEN

 

      Je veux un joker.

      Je t’écoute.

      Billy the Kid

      Quoi? Tu veux ce môme pour passer à l’attaque ? Il n’a pas suffisamment de métier et si tu as un peu de bon sens…

      On a l’air de bien s’entendre ensemble, répliqua Cash. Et il a passé l’âge de pisser au lit. Tu me le donnes ?

      Entendu, James. Essaie de ne pas trop l’amocher.

 

                    EPOUVANTE A LOS ANGELES

 

Il avait presque pitié de Kelly qui devait se ronger les ongles en se demandant quel cataclysme allait s’emparer du territoire cakifornien. Il jouait un solo sans accompagnement. Il avait volontairement coupé les ponts avec le F.B.I., tout au moins jusqu’à ce qu’on lui signifie une acceptation de son plan

 

 

 

                    LE SANG DU TEXAS

 

Cash lui adressa un sourire :

      Et toi ?

      J’ai la permission de rester sur place en observateur.

Le regard de James s’anima. Il fixa le G’man, une amorce de grimace accrochée aux lèvres.

      Pardon ? fit Cobb.

      Bon, d’accord, tu es là en observateur. Alors, voilà le programme…

 

                     COMPLOT A WASHINGTON

 

— … Une opération de police est délicate, si l’on considère la notoriété des personnalités mises en cause. Je souhaite qu’on me laisse régler cette affaire à ma manière, avec si possible l’aide officieuse du colonel Kelly et de sa section.

 

 

              LE PARADIS DES CHACALS

 

      … Au fait, comment ça se passe pour Billy Cobb ?

— Le petit gars s’en sort indemne. Il avait un statut de simple observateur-rapporteur dans l’affaire de Dallas.

 

 

Dans une voiture, en compagnie de son co-équipier Billy Cobb, James Cash se livre à des écoutes clandestines pour espionner un mafioso. Il utilise ensuite ses hypersens pour observer, de loin, le mobster placé sous surveillance.

 

 

 

 
                     L’ENFER CALIFORNIEN

 

Le véhicule loué par Billy Cobb était une Chevrolet Impala de couleur grise qu’il avait insérée sous la chevelure retombante de saules, en bordure d’un vaste parc public. D’autres voitures stationnaient à proximité.

— Votre idée d’écoute était bonne, apprécia Cobb lorsque James eut refermé la portière. Il a téléphoné à Vittorio presque tout de suite après son arrivée chez lui. Faites démarrer la bande de l’enregistreur, je l’ai remise à zéro.

La vitre côté conducteur était baissée, dégageant un espace à un canon acoustique braqué à l’horizontale et raccordé à un magnétophone. Un petit écouteur était fixé à l’oreille de Cobb. A une distance d’environ deux cents mètres, une somptueuse résidence s’étalait au milieu d’une aire gazonnée. Cash actionna le bouton de lecture de l’enregistreur qui restitua divers bruits, d’abord le cliquetis d’un clavier de téléphone, un toussotement ensuite. Et la voix de Harry Nelson :

 C’est vous, Vitto ?... Il faut que je vous voie le plus vite possible... Ce type est venu à mon bureau, il est venu me menacer et je crois que c’est un miracle si je suis encore en vie... Comment? Non, impossible, je ne bougerai pas d’ici. Vous venez et on discute, c’est à prendre ou à laisser. Sinon, je me retire, je n’ai plus rien à perdre. Cette histoire prend des proportions démentielles... Okay. Faites vite.

La bande continua de tourner silencieusement. James stoppa l’enregistreur et se tourna vers son compagnon.

   Il y a combien de temps de ça?

— Un peu plus de trois quarts d’heure. Normalement, l’ami Vito ne devrait plus tarder... Qu’en pensez-vous?

  Rien pour l’instant, on attend.

— Si vous prenez le deuxième écouteur, vous pourrez entendre le bruit de sa respiration; c’est formidable, cet engin...

Cash positionna l’écouteur sur son oreille. Il perçut une sorte de fredonnement et quelques paroles hachées.

      Qu’est-ce qu’il fabrique? dit Cobb. On dirait

 

         (suite page de droite/Next right page) 

 

 
                     L’ENFER CALIFORNIEN

 

qu’il chante un drôle de truc et... merde, il doit perdre les pédales!

A présent, ils entendirent un rire saccadé auquel suc-céda un bruit métallique caractéristique. Billy commenta:

— Ça ressemble à un bruit de culasse de pistolet. Vous devriez prendre les jumelles et essayer de jeter un coup d’œil.

Mais James avait opté pour une autre méthode. Il ressentit une petite douleur dans la tête, qui se dissipa au bout de quelques secondes, et il eut une vision d’abord floue de la façade de la demeure. Il se concentra, tendant sa volonté pour obtenir l’amplification des signaux qui cheminaient dans ses nerfs optiques jusqu’à la zone de réception cervicale. Graduellement, l’image de la double fenêtre se précisa, se rapprocha, au point que l’intérieur du bureau fut bientôt visible. Ce phénomène d’amplification psycho-visuelle faisait partie de l’enseignement que James avait reçu des prêtres-guerriers Shaoling. Il l’utilisait parcimonieusement et uniquement en cas de nécessité absolue. On lui avait appris, en outre, à économiser ces facultés pratiquement inconnues du commun des mortels, pour ne pas courir le risque d’un tarissement dû à l’accoutumance. Durant quelques instants, il aperçut Harry Nelson au fond de la pièce, qui braquait un automatique de gros calibre sur une cible imaginaire. Celui-ci fit plusieurs fois le geste de tirer et un rictus de haine déforma son visage. Ensuite, il alla s’asseoir devant un bureau, actionna ce qui semblait être un interphone. Distinctement, James l’entendit appeler quelqu’un dans la maison, donner des ordres brefs à un domestique.

Les images se diluèrent. Il se massa la nuque et refit surface alors que BilIy Cobb le questionnait d’un ton inquiet:

— Hé! Qu’est-ce qui ne va pas? Vous avez l’air tout drôle...

Cash eut un sourire d’excuse.

— Ça va, kid. Le copain Nelson est en train de préparer une surprise pour Vittorio.Il répète le geste de Caïn et éloigne son personnel.

— C’était donc bien un flingue qu’il manoeuvrait...

— Un Walther PK 7,65.

 

 

 

 

 

    D’autres extraits à venir :

Les autres hypersens (mémoire sensorielle, vision de nuit, détection des champs électromagnétiques, etc)

Problèmes sensoriels, troubles physiologiques

Emploi abusif et tarrissement des hypersens

Perte de la notion du monde extérieur

Relations conflictuelles de Cash avec l’autorité

Le « climat » de la série Cash

Un gouvernement invisible

Le temple dans la jungle

Un guide spirituel

L’épreuve initiatique en rapport direct avec les hypersens

 

     More extracts to come :

Other hypersenses : sensory memory, night vision, electromagnetic fields detection

Sensory problems, physiological troubles

Excessive use and exhaustion of hypersenses

Loss of awareness of the surroundings

Conflict with authority

The atmosphere of Cash series

An invisible government

The temple in the jungle

A spiritual mentor

The ordeal in relation with hypersenses

 

 

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